278Hautes-Alpes: Le vignoble haut-alpin
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Hautes-Alpes

Le vignoble haut-alpin

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TLe vignoble haut-alpin

Le vignoble haut-alpin représentait approximativement 5000 hectares cultivés avant la crise du phyloxéra. La crise de cet insecte parasitaire, fin du XIX° siècle, sonnera la glas de multiples cépages locaux et détruira le vignoble haut-alpin.

En 1891, apparu quelques années plus tôt, le phylloxéra a totalement détruit le vignoble ; en 1905, il ne reste plus que 2295 hectares, dont 1000 hectares de vieux cépages.

En 1932, Tallard voit s'ouvrir la première coopérative vinicole. Les années 1950 voient la vignerons haut-alpins opter pour la qualité et voir leurs efforts et travail reconnus par l'obtention d'une IGP Hautes-Alpes.

Hautes-Alpes



tFrançaisHautes-Alpes
tPopulation 135 836 hab
tGentilé Haut-alpins
tSuperficie 5 549,00 km²
tDensité24.48 hab/km²
tLatitude 44°34'34" N
tLongitude 6°5'43" E
tLatitude44.559444
tLongitude6.078611

Rue Bric et Brac

TLe vignoble haut-alpin

Présent depuis des temps très anciens, la vigne et les cépages dans les Hautes-Alpes furent nombreux comme le démontre une étude des cépages locaux datée de 1903-1905. L'épidémie du phylloxéra, observée la première fois dans le Gard en 1863, atteindra le département des Hautes-Alpes vers la fin du XIX° siècle pour l'avoir totalement envahit en 1891. Cette épidémie causera d'immenses dégâts, comme dans tout le reste du pays. Alors que le vignoble haut-alpin couvrait une superficie d'approximativement 5000 hectares avant l'épidémie, il ne couvrait plus que 2295 hectares en 1905, dont seulement 1000 hectares de vieilles vignes.

TAire et culture avant 1890

Deux types de cultures se pratiquaient sur le département.

  • Culture en plein champ
    Elle était pratiquée à moins de 1100 mètres d'altitude. Son territoire couvrait les Baronnies, le Bochiane, et remontait la vallée de la Durance jusqu'aux Vigneaux qui produisait, d'après les voyageurs de l'époque, un petit vin clairet mais pas désagréable.
  • De 1100 mètres à 1400 mètres
    La culture se pratiquait en treille et protégée par les maisons. Ce type de culture de la vigne se retrouvant jusqu'à Le Monétier-les-Bains et Saint-Chaffrey. Au-dessus toute culture de la vigne était impossible.

TLes cépages anciens

Au même titre que les multiples cultivars, un nombre important de cépages locaux existaient dans le département avant 1890. Ils auront terriblement souffert, non seulement du phylloxéra mais aussi de cet appauvrissement génétique propre à nos sociétés "modernes". Ces cépages, parfaitement adaptés aux sols et ensoleillement de leurs terroirs. Nous avons souhaité vous en communiquer une petite liste succincte avec leurs caractéristiques.

TCépages à raisins blancs
Nous vous donnons le nom de cépage ainsi que ses appellations locales, et communes où elles sont usitées.


TCépages à raisins noirs
Nous vous donnons le nom de cépage ainsi que ses appellations locales et communes où elles sont usitées.

  • L'Aramon
    Très cultivé à Orpierre où il était connu sous le nom d'Ugni noir. Suivant les années, ses grappes étaient de tailles assez variables, tout comme ses grains. Connu à Ribiers sous l'appellation de Badine. Il semble qu'il aimait les terres de Laragne.
  • Le Beissier
    Très répandu à Veynes, Aspres-sur-Buëch, Saint-Pierre-d'Argençon, nous le retrouvons sous le nom de Nérane à Orpierre. Ses sarments jaunes rouges, plutôt striés, ses feuilles tirant sur le vert-foncé, voyaient ce cépage donner des grappes de grande taille, aux grains ovoïdes. C'est un cépage qui avait une maturité tardive qualifié de coulard car ses grains avaient tendance à tomber à maturité.
  • Le Cagarel
    Cépage tirant son nom de ses propriétés purgatives, donnant la Cagatelle. Sa souche était vigoureuse, ses feuilles quinquelobées, ses sarments frêles. Il donnait un grain petit à moyen, aux grappes de tailles moyennes et grains très serrés. Noirs et tendres, ces grains avaient un goût de framboise. Bien que qualifié de peu agréable à manger, le Cagarel, productif, donnait un vin très agréable et bien chargé en couleur.
  • Le Chaluard
    Cépage à l'appellation très variable que l'on connait sous les noms de Bouteillan à Ribiers, Brunet à Espinasses, Valentin à Serres, Mouron à Aspres-sur-Buëch, Grillan à Embrun et Châteauroux, etc... Ce cépage est doté d'une souche vigoureuse, aux feuilles très vertes et sarments gris-jaune. La grappe, grosse, à grains serrés et ronds, donnait un vin de moyenne qualité semble-t-il.
  • Le Chatte
    Cépage donnant un très bon vin. Ses sarments roux et feuilles duveteuses étaient accompagnés de longues grappes à grains serrés arrivant à maturité fin septembre.
  • Le Counoise
    Surtout cultivé à Orpierre et Trescléoux se voyait aussi à Savournon. Hâtif, doté d'une souche peu vigoureuse, ce cépage donnait de grosses grappes aux grains serrés et noirs. Il produisait un petit vin, certes, mais de goût agréable. La sous-variété poussant à Tallard était plus tardive.
  • L'Extraire de l'Adhui
    Cépage semblant dériver du Persan que l'on trouvait à Aspres-les-Corps. Très vigoureuse, cette variété produisait un vin très coloré et fortement alcoolisé.
  • Le Funate
    Un cépage provenant de la Drôme toute proche et fut introduit à Trescléoux, Aspres-sur-Buëch et Serres vers 1860. Bien que peu vigoureux, ce cépage produisait un vin abondant, de très bonne qualité et couleur. Ses feuilles étaient rondes, et duveteuses, sa maturité moyenne.
  • Le Girarde
    Vous le retrouviez surtout à Ribiers, Laragne, Serres, Ventavon, Le Poët, La Saulce. Il avait une souche vigoureuse, et un port majestueux. De maturité assez tardive, ce petit vin semblait moins apprécié que le vin provenant de l'Aramon. C'est un cépage sensible aux maladies.
  • vignoble
    Un vignoble vers 1542
  • Le Greg
    Cépage donnant un grain rosé et très répandu dans le département, jusqu'à l'Argentière, terroir où il mûrissait difficilement. Vigoureux, et connu sous le nom de Barbaroux à Saint-Clément, Eygliers et Guillestre, il a des sarments rouges, de grandes feuilles d'un vert tendre et produit de grosses grappes à grains serrés, moyens et gros. Une sous-variété à grains blancs était cultivée à Risoul. Elle avait la caractéristique de ne pas arriver à mâturité.
  • Le Grenache
    Tardif, ce cépage n'était répandu que dans le sud du département, surtout à Châteauneuf-de-Chabre, Trescléoux, Eyguians, Le Poët, Ribiers, Serres et beaucoup à Ventavon. Sa souche vigoureuse, donnait des sarments blanc-jaune et feuilles luisantes. Sa grappe, de grosse taille, était formée de petits grains ovalisés. Il produit un bon vin.
  • Le Honchette
    Très localisé, à Aspres-sur-Buëch, ce cépage aux feuilles épaisses, vert foncé, grenues et duveteuses et assez tardif; il murissait après le Mollard. variété très productive, elle produisait un petit vin acidulé pas déagréable.
  • Le Joubertin
    Présent à Aspres-sur-Buëch, Ribiers, Gap, Romette et surtout à Chorges où il était très apprécié, ce cépage ressemblait au Cacarel. Ses grappes, plutôt cylindriques, de taille moyenne, fournissaient un grain rond, petit et très serré. Hâtif, ce cépage produisait un petit vin.
  • Le Malatière
    Présent à Serres et Trescléoux, originaire de la Drôme, ce cépage, fragile, ressemble au Carignan. Son port érigé et vigoureux, ses sarments jaunes roux, ses feuilles lobées et duveteuses, voyaient naitre des grappes plutôt grandes, aux grains ronds, moyens et serrés. Tardif et très productif, ce cépage produisait un vin commun mais très coloré.
  • Le Mollard
    Très cultivé sur les bords de la Durance de Savines-le-Lac à La Saulce. Il est aussi connu sous le nom de Cailland à Savines, Chailland à Embrun et Châteauroux, Espanenc aigre à Eygliers et Saint-Crépin, Ugni noir à La Roche-de-Rame. Vigoureux et demandant un débourrage tardif, il voit ses feuilles rougir à l'automne. Ses grappes sont grosses, cylindriques ou ailées. Le grain est moyen, serré et rond. Il murit très difficilement à Romette et Treschatel, près de Gap. Régulier dans sa production, assez abondant, il produit un bon vin agréablement coloré.
  • Le Mourvèdre
    Très cultivé à Ribiers et Ventavon, ce cépage demandant un débourrage tardif avait des feuilles duveteuses et blanches. Sa grappe était ailée longue, serrée et produisait des petits grains.
  • Le Muscat noir
    Disséminé dans les vignes, de Ribiers à L'Argentière, ce cépage produit un bon vin mais sa production est moyenne et irrégulière. Sa grappe de taille moyenne, voit ses grains très serrés, ronds, noirs et petits. Il arrivait à maturité en même temps que L'Espanenc.
  • Le Petit Brun
    Aussi connu sous le nom de Brechette à Aspres-sur-Buëeh, Courte Pécoule à Serres, était très cultivé à Veynes et Châteauneuf-de-Chabre, donnant qualité aux vins de ces localités. Ses grappes, petites, basses, moyennement ailées et de maturité tardive, fournissaient abondamment un très bon vin au goût de framboise.
  • Le Piéloux
    Surtout présent à Remollon et Savines, ce cépage, à débourrement tardif, sarments jaunes sombre et feuilles d'un vert puissant, produit de petites grappes, ailées, aux grains moyens, tendres, peu serrés et très doux de goût. Très productif, ce cépage donne un bon vin.
  • Le Plant Dufour
    Aussi connu sous le nom de Toulier à Ribiers, Taurier ou Espanenc doux à Eygliers, Guillestre, La Roche-de-Rame, Mollard à Embrun, Gros Mollard à Châteauroux-les-Alpes, ce cépage était surtout cultivé à Ribiers et Orpierre où il était très productif. Ses sarments rouges et érigés, ses feuilles lobées, blanches en dessous et d'un vert léger au-dessus, rougissent avec l'automne. Ses grappes sont hautes sur le sarment, et produisaient des grains serrés, craquants, de taille moyenne. De maturité plus tardive que le Mollard, ce cépage était assez productif et donnait un très bon raisin de table ainsi qu'un vin très fortement coloré et bien alcoolisé.
  • Le Pougaï
    Originaire de la Drôme et introduit à la fin du XIX° siècle dans les hautes-Alpes, ce cépage, très productif, fait naitre un bon et agréable vin. Ses sarments blancs, et solides, portent des grappes un peu plus longues que celle du Funate. Il existe deux variétés de Pougaï: le gros et le petit.
  • Le Pousse de Chèvre
    Aussi connu sous le nom d'Espanenc, Espagnen, Bec de Coq à Veynes, d'Uguette à Orpierre et Espinasses, de Pointue à Saint-Clément, de Persan à Eygliers et Guillestre. Il était très cultivé à Ribiers qui appréciait ses qualités. De vigueur moyenne, tardif au débourrage, aux sarments jaunes rouges et feuilles très lobées, glabres, ce cépage produisait de grosses grappes, longues et à grains serrés, noirs, pruinés, durs de peau et dont la forme rappelle celle des olives. Ce raisin de conserve, à la maturité tardive, produisait un vin très agréable.
  • Le Roubayer
    Très cultivé à Châteauroux-les-Alpes, il l'était aussi à Eygliers et Saint-Clément. Sa souche est vigoureuse et demande un débourrage moyen. Ses sarments, rouges, souvent étalés, laissent naitre des grappes allongées à grains ronds ou très légèrement ovoïdes. Ses feuilles sont duveteuses et très lobées. Hâtif, ce cépage produit un bon raisin de table mais craint la coulure.
  • Le Valentin
    Cette variété peu cultivée et ressemblant au Piéloux, se voit pousser sur une souche peu vigoureuse. Ses sarments jaunes-rouge, porteront de petites grappes aux grains moyens et clairsemés, tendres et peu colorés.

Les vignerons des Hautes-Alpes ont travaillé à la renaissance de certains de ces cépages et les utilisent pour produire des vins de très belle qualité.

Saluons leur travail et valorisons leurs efforts en achetant leurs productions.

TLe vignoble haut-alpin maintenant

Disparu avec l'épidémie de phylloxéra, le vignoble haut-alpin commence à renaitre de ses cendres après le premier conflit mondial. Fondée en 1932, la cave coopérative de Tallard commercialise du vin de table, comme l'immense majorité des producteur hexagonaux. En 1979, les vignerons hauts-alpins ne produisent que 5947 hectolitres sur 150 hectares de vignes et 176 adhérents; nous restons très éloignés des 5000 hectares antérieurs à la dévastatrice crise du phylloxéra.

Les années 50 voient un changement se réaliser: les vignerons hauts-alpins optent pour des cépages de qualité et délaissent les hybrides. Leur travail acharné, leurs efforts qualité verront ce travail reconnu par l'obtention d'une IGP Hautes-Alpes. Regroupés au sein du Syndicat des Vignerons des Hautes-Alpes, les vignerons hauts-alpins, regroupés, poursuivent leurs efforts sur les qualités en testant plusieurs cépages comme l'Altesse, le Chardonnay, le Chasan, le Jacquère, la Marsanne, le Müller-Thurgau ou les Pinots, noirs ou gris.

Nos vignerons produisent des vins blancs, rouges ou rosés, ou mousseux. Certains cépages traditionnels hauts-alpins sont aussi remis à l'honneur comme le Mollard et, après un siècle de disparition sur ces terres, retrouvent place et honneur dans les productions locales.