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Crime atroce au bagne de Brest
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Brest: Ce jour-là, Brest s'habilla de gris...

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Brest

brest
tFrançais Brest
tBrezhonegBrest
tPopulation 140 064 hab
tGentilé Brestois
tSuperficie 49,51 km²
tDensité2829 hab/km²
tLatitude 48°23'29" N
tLongitude 4°29'6" W
tLatitude48.391313
tLongitude-4.485093

Rue Bric et Brac

PCrime atroce au bagne de Brest

Nous sommes en 1838. Louis-Philippe est alors Roi de France et le restera jusqu'au 28 février 1848. Le bagne de Brest fait régulièrement son plein de nouveaux forçats. La chiourme est pleine ; parmi ces forçats, un dénommé Joseph Bordelet...

b Joseph Bordelet: bagnard

Blond, souriant, oeil vif et d'abord agréable, Joseph Bordelet est âgé de vingt-cinq ans maximum quand il arrive au bagne de Brest. Nous sommes alors en 1836 et il a été condamné pour un délit qui nous est actuellement totalement inconnu.

Son abord avenant et sa courtoisie, dans un monde où ce mot perd vite tout son sens, lui attira rapidement les sympathies des garde-chiourmes et de l'administration pénitentiare du bagne de Brest. Sa bonne conduite le vit rapidement attaché au service de l'hôpital de la marine; devenu depuis Hôpital des Armées de Brest. Ce poste, très envié des autres forçats, évitait à Joseph Bordelet les difficiles travaux du bagne dont le plus douloureux était appelé 'La Grande Fatigue'. Cumulant les avantages, Joseph Bordelet avait été nommé serveur à la table des officiers; cela lui permettait d'améliorer son ordinaire en lui laissant la possibilité de grapiller les restes des repas.

Son comportement irréprochable lui valait d'être traité comme un simple matelot de la flotte jusqu'au jour où, après un an de ce traitement, l'humeur toujours courtoise du bagnard changea du tout au tout: Joseph Bordelet qui était toujours de bonne compagnie devint taciturne, soucieux et d'humeur sombre...

Brest
Bagne de Brest: Le cimetière des bagnards

bSœur Véronique: religieuse

Soeur Véronique arriva au bagne peu de temps après Joseph Bordelet. Elle y était non comme prisonnière mais comme religieuse et consacrait son temps à consoler les mourants de l'Hôpital de la Marine. Beaucoup de personnes se demandaient ce qui avait poussé cette jeune femme, semble-t'il charmante et de bien belle prestance, à se dévouer ainsi aux plus démunis. S'il est des vocations, ce type de dévouement cache parfois de bien douloureuses blessures de la vie et il semble, d'après les témoins de l'époque, que soeur Véronique soit de ces cas. Quel drame ou lourd secret se cachait derrière Soeur Véronique, personne ne le sait; elle n'en parla jamais.

Son dévouement auprès des souffrants et l'affection qu'elle portait à ses malades lui valurent admiration et vénération de tous. Son respect et son humanité, même envers les forçats les plus endurcis, leurs inspirèrent un dévouement et une admiration désintéressée et sans limite.

Joseph Bordelet, semble-t'il n'éprouvait pas le même type de sentiments; Joseph Bordelet était tombé profondement sous le charme de la jeune religieuse; Joseph Bordelet se rongeait d'amour pour Soeur Véronique.

bLe drame

Longtemps, Soeur Véronique ne s'aperçut de rien et nul ne sait, et ne saura jamais, si une idylle, ô combien dangereuse, ne s'était pas construite entre le bagnard et la religieuse.
Le drame couvait; il semble que le bagnard était en proie à une violente et incontrolable jalousie.
Et le drame se produisit, un soir.

Sortant semble-t'il de la chapelle, Soeur Véronique rencontra Joseph Bordelet qui était autorisé à coucher à l'hôpital. Cette rencontre était-elle fortuite ou rendez-vous régulier, personne ne le sait mais, le lendemain matin, vers 6 heures, le personnel de l'hôpital trouva le corps de la religieuse, allongé, sans vie, sur le lit de sa chambre. La tête de la religieuse avait été presque totalement arrachée du corps et le corps avait roulé contre le mur. Soeur Véronique s'était vidée de son sang et le matelas, trop fin, n'avait pu en absorber le volume; une énorme mare de sang s'étalait sur le sol. Le crime horrifia non seulement l'hôpital mais aussi la chiourme et toute la ville de Brest.

Les soupçons se porèrent immédiatement sur Joseph Bordelet; il présentait une profonde trace de morsure au poignet et ses vêtements laissaient apparaître des traces de sang fraîchement lavé. Quand à l'examen du cadavre, il ne laissait aucun doute sur le mobile du crime et les relations qui avaient précédé le meurtre.

Joseph Bordelet avoua vite son crime et, comme il est d'usage dans les bagnes, le jugement fut prononcé promptement par un tribunal maritime spécial; la peine de mort ne pouvait qu'être demandée et acceptée contre le meurtrier.

bLes dernières minutes du condamné

Brest
Bagne de Brest: L'exécution de Joseph Bordelet

Huit jours après le meurtre, un bruit couru dans Brest et ses environs: l'assassin allait être guillotiné.

Cette nouvelle attira multitude de badauds et spectateurs. Malgré les gilles du bagne fermées, ils pouvaient voir la guillotine tendant ses bras vers le ciel et la lame scintiller au soleil du matin; le bourreau se préparait.

Dix heures, les grilles sont ouvertes. Un bataillon d'infanterie de marine est placé sur un des côtés de la cour, deux pièces de canon en position sont servies par leurs artilleurs. Les spectateurs sont légions et des masses de curieux s'agglutinent dans la cour, sur les murs, aux fenêtres des maisons voisines. Chaque trou voit un oeil s'y coller et chaque saillie voit des pieds s'y poser.

L'heure fatidique est maintenant arrivée. La grande porte du bagne s'ouvre; les forçats sont poussés vers le lieu de l'exécution. Une place leur a été réservée, ils s'y agglutinent; troupeau humain à la merci des coups qui pleuvent si facilement. Sur ordre des gardes, ils s'agenouillent et ôtent leurs bonnets de forçats. D'une main, ils tiennent ce bonnet; de l'autre, ils relèvent les maillons de leurs chaines.

Joseph Bordelet arrive à son tour; un frémissement traverse la foule...

Les compte-rendus écrits par Maurice Alhoy, qui assista à l'exécution, soulignent le calme du condamné. Il s'avança d'un pas ferme et résolu. Suprême et dernier défit: il railla la mort, cracha sur le crucifix présenté par le prêtre et lui décocha un violent coup de pied.

L'homme gravit les marches d'un pas ferme et se livra résolument aux exécuteurs. La justice passa la minute suivante.

Il s'appelait Joseph Bordelet.

< Une chanson de bagnards >