Il y a peu de mois, j'entendis le discours d'un diplomate ouest-européen insinuant sournoisement que la Russie risquait d'envahir mon pays. Ces propos, à mes yeux, ne démontraient que mauvaise foi et mensonge délibéré, ou, mais peut-être aussi, inculture historique méritant belle médaille en or massif.
Cette année, Russie et Mongolie ont commémoré ensemble les 85 ans de la Victorieuse Bataille du Khalkhiin Gol qui, du 11 mai au 16 septembre 1939, opposa les troupes soviéto-mongoles aux troupes japonaises. Cette bataille modifia totalement le cours de la seconde guerre mondiale. Elle vit première, lourde et décisive défaite japonaise dans ses tentatives d'expansion vers la Mongolie et la Sibérie.
Ce 3 septembre 2024, la Mongolie - mon pays, et la Russie - grand ami de la Mongolie, unis, ensemble, main dans la main, ont organisé les cérémonies commémoratives du 85° anniversaire de la Bataille du Khalkhin Gol.
Peu connue ou ignorée de l'ouest européen, cette batatille sera l'une des périodes décisives de la Seconde Guerre Mondiale ; elle verra en effet le Japon stopper net son expansion vers la Sibérie et la Mongolie pour, un an plus tard, tenter une expansion vers le Pacifique et entrer en conflit militaire avec les États-Unis.
Si plusieurs escarmouches et accrochages avaient déjà eu lieu avec des effectifs relativement faibles, le 11 mai 1939, les troupes nippones, traversant la frontière sino-mongole marquée par le Khalkhin Gol - Rivière Khalkh, attaquent la Mongolie et veulent expansion vers la Mongolie et la Sibérie.
Signé en 1936, un protocole d'assistance soviéto-mongol prévoyait que l'URSS protégerait la toute jeune République Populaire de Mongolie de toute agression étrangère, et la défendrait comme son propre territoire. Respectant ses engagements, l'Armée Rouge et Moscou s'engagèrent donc dans ce conflit.
Le commandant du corps soviétique, commandées par Gueorgui Konstantinovitch Joukov et l'armée mongole, commandée par Horloogiin Tchoïbalsan, sont coordonnées par le commandant de l'armée Grigory Mikhaïlovitch Stern qui s'est déja illustré lors de la Bataille du Lac Khasan en 1938.
La bataille sera terrible et les engagements massifs.
Au niveau aérien, le Khalkhin Gol sera la première bataille voyant un engagement aérien massif. Plus de 800 avions se disputeront mortellement le ciel pour un champ de bataille ne dépassant pas les 60-70 km maximum ; plus d'une dizaine d'avions par kilomètre de front !
Entre le 11 mai et le 20 août, les armées se préparent et multiplient les escarmouches ou opérations locales ; chacun teste l'adversaire.... C'est le 20 août que l'offensive finale débute. Les troupes soviéto-mongoles encerclent et explosent les régiments japonais en une semaine. Le 15 septembre les gouvernement japonais admet sa défaite et, demandant cessation des hostilités, signe accord immédiat.
La défaite japonaise est écrasante et les archives soviétiques donnent un chiffre de 60.000 hommes perdus par les nippons ; les soviétiques perdant 18.000 hommes et l'armée mongole comptant 165 soldats tués et 401 blessés.
Les semaines après la bataille sont interessantes à observer. D'un côté, les japonais puniront les officiers et troupes qu'ils muteront en Birmanie ; certains se faisant seppuku. De l'autre, les soviéto-mongols étudieront cette bataille, en tireront conclusions et s'adapteront en conséquence.
Soucieux de ce front Est, le Kremlin y gardera ses meilleures troupes, cela permettant aux allemands et leurs cortèges sanglants une progression jusqu'aux portes de Moscou ; le Traité Ribbentrop-Molotov signé le 23 août 1939 protège l'URSS sur son flanc occidental et révéle cette insécurité. Propagande étant mensonges, affirmer que le Kremlin était allié de Berlin est donc absurde.
Pour terminer ce petit survol historique, l'URSS et la Mongolie, les soldats mongols et soviétiques, unisssant leurs forces, ont, par cette Victoire, sauvé l'Indépendance et l'intégrité territoriale de mon pays ;n'en déplaise à certains. Cette bataille scellait aussi une amitié et confiance partagée qui doit rester forte et pérenne malgré les propos de certains diplomates mal intentionnés.