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Эр-сюр-л’Адур
Поэзия

AÏRA

AÏRA
( AIRES-SUR-L'ADOUR )
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Эр-сюр-л’Адур

■ Эр-сюр-л’Адур: Поэзия



Эр-сюр-л’Адур

Эр-сюр-л’Адур
  • Русский я.: Эр-сюр-л’Адур
  • Окситанский я.: Aira d'Ador
    ( Occitan )
  • Население: 6 100
    Демоним:
  • : Коммуна
  • Площадь: 57,78 km²
    Плотность: 105.57 /km²
  • Широта: 43°42'0" N
    Долгота: 0°16'0" E
  • Широта: 43.700001
    Долгота: -0.266667
  • Страницы: 16
  • Сегодня:  Святая

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◎ Ce qui dure

Le présent se fait vide et triste,
Ô mon amie, autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste !
Et ceux qui restent changent tous.

Nous ne voyons plus sans envie
Les yeux de vingt ans resplendir,
Et combien sont déjà sans vie
Des yeux qui nous ont vus grandir !

Que de jeunesse emporte l’heure,
Qui n’en rapporte jamais rien !
Pourtant quelque chose demeure :
Je t’aime avec mon cœur ancien,

Mon vrai cœur, celui qui s’attache
Et souffre depuis qu’il est né,
Mon cœur d’enfant, le cœur sans tache
Que ma mère m’avait donné ;

Ce cœur où plus rien ne pénètre,
D’où plus rien désormais ne sort ;
Je t’aime avec ce que mon être
A de plus fort contre la mort ;

Et, s’il peut braver la mort même,
Si le meilleur de l’homme est tel
Que rien n’en périsse, je t’aime
Avec ce que j’ai d’immortel.

Sully Prudhomme - Les vaines tendresses, 1875

Sully Prudhomme

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